La famille Laffaille trouve son origine à Pouzac en Bigorre. Elle compte 2 polytechniciens, 7 saint-cyriens et 16 membres de la Légion d’honneur (1 dignitaire, 3 commandeurs, 4 officiers et 8 chevaliers) constituant des lignées de légionnaires consécutifs comptant jusqu’à cinq générations.

Le premier légionnaire est le général Gabriel Laffaille (1778 – 1840), polytechnicien de la première promotion en 1794, maréchal de camp du génie en 1833, commandeur de la Légion d’honneur en 1831 et précepteur militaire des ducs d’Orléans et de Nemours, fils du roi Louis-Philippe Ier. Le second polytechnicien (1832), artilleur, est son neveu, le général de division Jean-Gabriel Laffaille (1815 – 1880), grand officier de la Légion d’honneur en 1879, qui s’est distingué dans les combats contre la Commune. Son frère Jean-Pierre (1813 – 1875) était saint-cyrien (1833).

Mais le premier des lignées de légionnaires consécutifs est un cousin de Gabriel, Jacques (1796 – 1878), capitaine au 64e de ligne et chevalier de la Légion d’honneur en 1837, qui a quitté la Bigorre pour Brest, où ses descendants sont restés. Son fils, Ernest (1833 – 1883), saint-cyrien (1853), chef de bataillon au 1er tirailleurs algériens, chevalier de la Légion d’honneur en 1872, est décédé à l’hôpital militaire de Blida. Ses trois fils sont tous troisièmes légionnaires consécutifs.

L’aîné, Jules (1863 – 1936), saint-cyrien (1882), lieutenant-colonel au 62e d’infanterie, a été promu officier de la Légion d’honneur en 1915. Blessé en 1917 (ablation d’un œil), il est retraité pour blessure et devient percepteur des contributions directes à Vannes. À son tour, il a eu trois fils :

  • Ernest (1893 – 1971 ; AHH 12), élève à l’École navale (1912), lieutenant de vaisseau, capitaine au long cours en 1930 et agent principal du transit à la Compagnie du canal de Suez, promu capitaine de corvette de réserve en 1934. Révoqué de son grade par Vichy en 1940 pour faute grave contre la discipline (après l’armistice, il avait maintenu tous les navires français de la zone du canal armés par du personnel français). Délégué du Comité national français d’Égypte à Suez dès 1940, il rallie la France libre en 1941 et assure le commandement en second puis en titre du secteur Égypte des Forces navales françaises libres. Capitaine de vaisseau et officier de la Légion d’honneur en 1946 ;
  • René (1898 – 1960), saint-cyrien (1919), colonel d’infanterie de marine. Il a servi notamment en Tunisie et au Maroc. Commandeur de la Légion d’honneur en 1951 ;
  • Yves (1909 – 1968), capitaine de réserve d’artillerie de marine (campagne de France, 1939 – 1940), chevalier de la Légion d’honneur en 1963. Il a eu cinq enfants dont deux fils, tous deux chevaliers de la Légion d’honneur en 1997 (5e génération) : Michel (1944 ; AHH 850), saint-cyrien (1966), colonel du génie puis du cadre spécial, et Xavier (1950), saint-cyrien (1970), colonel du génie.

Le deuxième fils d’Ernest, Adolphe (1865 – 1914), capitaine adjoint au colonel du 262e d’infanterie, chevalier de la Légion d’honneur en 1912, est mort pour la France en 1914 à Sailly-Saillisel. Il a également eu trois fils :

  • Hervé (1898 – 1969 ; AHH 25), colonel des services spéciaux en Allemagne, officier de la Légion d’honneur en 1946, père de Patrick (AHH 122), Béatrice Sartoris (AHH 148), Hugues (AHH 27), Erick (AHH 40) et Xavier (AHH 120) ;
  • Roland (1899 – 1974 ; AHH 26), saint-cyrien (1917), participant aux opérations du Levant (Damas, djebel El-Druze et Hauran, 1932 – 1935), attaché militaire à la délégation de France en Roumanie de 1942 à 1944, puis commandant de la 5e demi-brigade de chasseurs alpins de 1949 à 1951 en Autriche, commandeur de la Légion d’honneur en 1953. Promu général de brigade en 1955, il commande les Forces françaises en Sarre jusqu’en 1957;
  • Gildas (1904 – 1985 ; AHH 32), agent des forces auxiliaires au Maroc, capitaine de réserve, chevalier de la Légion d’honneur en 1948, père de Bertrand (AHH 121), Renaud (AHH 149) et Dominique Mayer-Boesch (AHH 138).

Le troisième fils d’Ernest, Paul (1876 – 1915), capitaine au 19e d’infanterie, est mort pour la France à Tahure en 1915, et chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume. Il a eu trois enfants, dont Jacques (1906 – 1992), capitaine de corvette, officier de la Légion d’honneur en 1952.

Bulletin de l’AHH, n° 66, janvier 2025.